Saïd Soilihi

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SAID Soilihi  est né à Moroni le 31 décembre 1957. Il a poursuivi sa scolarité en primaire à l’École Application de Moroni et ses études secondaires au lycée SAID Mohamed Cheikh. Après le bac SAID Soilihi est admis à l’Ecole Nationale d’Enseignement Supérieur des Comores (ENES) dans le Département français histoire géographie pour obtenir le titre de (PEGC) Professeur d’Enseignement Général des Collèges.

En 1988, il obtient un poste de professeur de français au collège rural de la région de Bambao à Ikoni, ville de sa mère. Quelques mois après, il est nommé directeur de cet établissement, poste qu’il occupera jusqu’en 1993.

La même année SAID Soilihi quittera les Comores pour la France, plus précisément à l’Université d’Aix –Marseille I où il a poursuivi d’abord des études de Lettres Modernes jusqu’en Maîtrise  et de linguistique en 3ème cycle. Il y obtient un doctorat de Sciences du langage en étudiant : La langue française dans l’archipel des Comores : Statut, Usages et Pratiques de la langue ». Un sujet qui soulève presque tous les problèmes de la francophonie et de l’éducation dans l’ensemble de l’archipel des Comores.

Au cours de la préparation de son mini mémoire de Maîtrise, avec le professeur J. Donneux, spécialiste des langues bantoues, SAID Soilihi découvre la pertinence et les valeurs de sa langue maternelle en étudiant « le système nominal du shiNgazidja » le parler de la Grande Comore. Depuis cette découverte, il s’est  engagé à étudier sa langue maternelle le shiMasiwa (les 4 dialectes).

De 2003 à 2005, il a dispensé des cours en langue comorienne à la Chambre de Commerce Franco-comorienne à Marseille où il a eu à encadrer des non-Comoriens travaillant avec sa communauté (assistants sociaux, chercheurs et étudiants).

«La langue comorienne est un moyen très efficace pour former cette population active comme c’est le cas dans plusieurs pays où la langue maternelle participe au développement économique et social par la formation dans les petits métiers. » Confiait-il à son ami et éditeur Patrice Ahmed Abdallah.

Soucieux de faire partager ses recherches et ses travaux, il décida de publier son premier livre. C’est ainsi qu’en 2006, il confia son manuscrit aux Éditions Kalamu des îles, dirigé par l’écrivain Patrice Ahmed Abdallah. De cette collaboration naît le premier manuel de conjugaison du shinGazidja : Pratique de la conjugaison du comorien. Un livre qui s’est vendu avec succès en France, plus particulièrement à Marseille. Une réédition est prévue très rapidement pour rendre hommage à notre regretté mais aussi pour faire profiter à tous ceux et celles, férus de notre belle langue, de profiter de ce beau manuel.

Fervent défenseur de la langue comorienne, notre regretté linguiste, a continué ses recherches et les études sur le shikomori, qui constituait pour lui un futur outil de développement pour les Comores.

A Mayotte où il s’était installé en famille, il y dispensait le français au collège de Kaweni tout en poursuivant parallèlement ses recherches dans les deux langues (françaises et le shiMassiwa).

Plusieurs ouvrages liés à ses recherches ont été publiés dontLe comorien au quotidienun ouvrage qui se veut alors un guide linguistique qui servira de base pour parler facilement le shiNgazidja. D’autres suivirent : « Parler ma langue » un manuel conçu pour faire découvrir aux différents responsables éducatifs (scolaires/parents) et politiques que la langue comorienne est normée et qu’il est temps de s’en servir comme outil de développement durable.

Pratique de la conjugaison du comorien

Du verbe prier uswali à celui de jouer utsapvuha, plus d’une centaine de verbes pour le plaisir de découvrir et parler le shingazidja, pour les uns, et pour la maîtrise de la langue du poète Mbaé Trambwe, pour les amateurs de cérémonies culturelles.

Pour chaque verbe en comorien, le lecteur dispose de sa traduction en français, d’une explication détaillée et d’une phrase, d’un commentaire qui soulignent les principaux aspects du mot.

Cet ouvrage donne à tous ceux qui veulent découvrir la langue comorienne, aux comoriens, étudiants ou chercheurs comme aux étrangers adeptes des langues étrangères un capital de connaissance clairement présenté qui les aide à structurer et à étayer leur réflexion.

Le shingazidja pour tous est un petit ouvrage de poche,  édité pour soulager ceux qui veulent s’exprimer en comorien mais qui n’ont pas le temps d’utiliser les manuels d’expressions écrites existant. Le shingazidja pour tousse veut alors un guide linguistique qui servira de base pour parler facilement le shikomori. Il s’agit donc d’un livre dont l’objectif principal est d’aider à construire des messages simples, courts et clairs. A s’exprimer dans un langage aussi correct et structuré. A donner des notions de base à l’apprentissage de cette langue.

Il n’est pas alors question dans cet ouvrage d’assimiler des règles de grammaire ni d’apprendre à construire des phrases longues et complexes. La simplicité de votre expression est l’option qui y adoptée.

Ce manuel présente l’étude de la dérivation verbale, une partie grammaticale qui n’est pas toujours évidente pour obtenir une équivalence en français. La dérivation verbale met en relief les principaux procédés linguistiques sur la formation du verbe sous diverses formes par l’ajout d’un prefixe, sufixe ou infixe.
Le manuel présente une première partie théorique sur la dérivation verbale du shingazidja. Une deuxième partie, sous forme de dictionnaire, présente un répertoire lexical des verbes ainsi formés à partir d’un verbe source.
La modification interne de la structure du verbe en passant d’une forme à une autre reste la problématique du shingazidja. Les Francophones soif de connaître cette langue ont tendance à recouvrir à une équivalence en français ce qui n’est pas toujours évidente; ils se trouvent rapidement déçus car, des fois cette équivalence qui n’existe pas reste à inventer.

Un roman autobiographique écrit en langue shikomori. Il y trace les derniers moments de sa vie, la découverte de sa maladie, les allers et retours entre Mayotte où il s’était installé en tant qu’enseignant de français et la France où il se rendait pour ses visites médicales.

Extrait :

Zenkade udjipaniyawo uzisome pvanu, shinu shampa sha wino wayiva ndjizi, djumwa ubawo wa uzagaza mwangaza. Ye mwinyi husiha ekalamu yahola zinu, hadjohamba rirenge zendrongowo rimrentsi ba yekandza yambwa ye mwenihani, hakahandza risinganiye ezendza usandzo wayengewa mafura ya upishiya na uwonishiya. Sha pvala pvema yalala, katsi wa urambiya ritsiswifu zendjema yarenda, zekweli yahamba, zendziya yatsenga ne zengaya yafusa.