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Djamal M'sa Ali.
Les processus migratoires tels qu'ils se produisent aujourd'hui aux Comores sont tous nourris et déterminés par les mêmes principes de rupture qui produisent trois agents eux mêmes pratiquant trois différents types d'émigration. L'émigration coutumière, l'émigration de réfection et l'émigration scolaire. Toutes obéissent aux mêmes principes de rupture, et de déclassement. La colonisation était à l'origine de la première : ses effets et ses ravages de dépossession économique et politique a conduit les insulaires à s'exiler en Afrique puis en France. Ils perpétuent malgré l'exil, à restituer leur groupe et leurs pratiques dans leur société d'immigration. L'usage qu'ils font de l'immigration nourrit l'émigration, et par là, cette émigration se nourrie d'elle-même.
À côté d'elle, se rajoute l'émigration de réfection. Elle concerne un grand nombre d'hommes politiques, déchus de leurs positions, abandonnant la lutte politique ; leur émigration est une forme d'expression de déchéance individuelle mais aussi une des formes de stratégies par lesquelles ils déploient à des fins de réfection, de refabrique d'une nouvelle identité.
Quant à la troisième forme d'émigration, elle est le produit de rupture d'ordre politique et sociale. La colonisation qui s'est imposée avec la création de l'institution scolaire avait pour effet de transformer des individus dotés d'inconscient historique en des agents d'inconscient scolaire, donc dociles à adhérer aux valeurs que l'école transmette. Et par la logique de la concurrence, de la compétition entre les titres que l'Ecole elle-même a favorisé, doublée par les crises de l'enseignement, les convertis n'avaient d'autres moyens d'accroître le volume de leurs propriétés que par l'émigration. |
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