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LA VIE DES AUTEURS : Ibrahim BARWANE |
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LES SCENES Première scène : la rencontre des deux univers opposés -" le rendez-vous imprévu " Monsieur Pauvres Comores Cet intitulé apparaîtra illogique à ceux qui ne connaissent pas le fondement et le mode de fonctionnement des sociétés à tradition orale. Mais il est logique dans la mesure où le personnage central de " Pauvres Comores " correspond à l'image de son pays : un pays enclavé et meurtri par les vicissitudes de son histoire. En effet, Monsieur Comores apparaît dans la première scène comme un personnage fatigué, en colère, imprévisible et victime. - " le dialogue " « Pauvres Comores » oppose ici deux univers : - Celui d'une assistante médicale qui fait semblant de se soucier de ses patients, mais qui, en réalité, passe son temps à lire des romans-photos et à charmer Docteur la France " son amant " ; - Celui du patient: un pauvre paysan qui pense que l'histoire politique, économique et sociale de son pays est à l'origine de sa maladie. La rencontre de ces deux univers constitue un moment d'étonnement, d'incompréhension de colère, de choc, bref un dialogue de sourds. - "chant et musique mélancoliques" Avant l'entracte Monsieur Comores quitte le bureau de l'assistante médicale et se met à chanter. Une chanson qui montre son état de souffrance et celui de son pays. Puis, musique de variété sur laquelle l'assistante médicale attire le psychiatre, ils vont danser sur un rythme endiablé. Deuxième scène : le psychodrame - Longtemps, Monsieur Comores a espéré une vie meilleure, il se trouve finalement dans le bureau du Docteur la France. Mais ce dernier, dès le début de la conversation avec son patient, commence un jeu de mépris et d'arrogance envers lui. - En outre, il fait parfois semblant de l'écouter, mais il se contente de faire des petits dessins dans son bloc note. Sentant que son propos n'est pas pris en considération, Monsieur Comores désespère et se lance dans une démonstration critique contre ceux qui, selon, lui " sont les vrais responsables de sa maladie", notamment l'ex puissance colonisatrice, les autorités politiques comoriennes, les institutions financières internationales et l'armée. - Le délire du malade: Dans une ambiance morose, le Médecin psychiatre considère que Monsieur Comores est devenu complètement fou ; par conséquent, il lui propose de faire des soins en France. Monsieur Comores refuse cette proposition et s'attaque avec virulence aux propos du Dr la France en fustigeant ses défauts. Durée : 1H20 L'Espace Nous proposons ici, une scénographie permanente représentant deux espaces qui se succèdent : - Le bureau de l'assistante médicale - Le bureau du docteur La France LA BANDE SONORE Elle est constituée de trois parties : - Avant l'ouverture des rideaux, une introduction accompagnée d'une mélodie situe les spectateurs dans le contexte comorien. - Pendant l'entracte, deux chants accompagnés de musique mélancolique. = ?? - A la fin de la pièce, un troisième chant retraçant les malheurs du peuple interprété par « Mr Comores ». LES LUMIERES Une lumière tamisée, bleu clair puis rouge, résume les différentes phases de l'histoire comorienne. LA TROUPE DE COMEDIENS - Sabah BOUBAA : comédienne - Ibrahim BARWANE : comédien et réalisateur - Stanley TYEBO : comédien
LIREXPRESS : Quelle est l'histoire du spectacle Pauvres Comores ? C'est une pièce dont le projet était clair au départ ou qui s'est constituée progressivement ? I. Barwane : L'histoire de « Pauvres Comores ! » est une synthèse de la situation politique, économique et socioculturelle des Comores depuis la création de cet archipel à nos jours. Je parle, sans complaisance, de l'histoire des Comores, mais sous un angle tragi-comique (j'en parle comme Felag , l'humoriste algérien). « Pauvres Comores » est avant tout une mise au point du psychodrame comorien, c'est-à-dire les torts et les travers d'une société en décadence (« la comorosité »). LIREXPRESS : Vous avez joué dans de nombreuses pièces de théâtre dont Parcours. Vous avez écrit et joué Pauvres Comores. Quelle place prend l'écriture dans votre activité ? I .Barwane : L'écriture occupe une place centrale dans toutes mes activités culturelles et artistiques, car je suis issu d'une société à tradition orale. J'estime qu'il est grand temps que des sociétés comme la mienne puissent entrer dans la tradition écrite. Celle-ci permettra aux générations futures d'appréhender, avec lucidité, l'histoire de leurs pays LIREXPRESS : Pourquoi avoir choisi la dérision ? I. Barwane : J'ai choisi l'autodérision comme moyen d'expression car elle permet d'aborder des sérieux problèmes sous forme de fou rire et de la moquerie. Et Léautaud résume bien ma pensée: « Il y a le vrai théâtre, l'étude des mœurs, la peinture des caractères, la satire des Sabah Boubaa( Madame la France ), Barwane Ibrahim ( Mr Comores ) et Stan Styebo ( Dr la France ) Propos recueillis par LIREXPRESS. |
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